La vraie prière est dans l'abstraction de toutes nos préoccupations habituelles, de tout ce qui peut nous rappeler l'existence de nos sens, et dans l'évocation en soi de l'élément divin. Dans ce but, le mieux est de faire ce que nous dit le Christ: d'entrer seul dans un lieu clos, et de s'y enfermer, c'est-à-dire de prier dans la solitude complète, que l'on soit chez soi, dans la forêt ou dans les champs. La vraie prière est dans ce détachement de toutes les choses extérieures, pendant lequel on contrôle son âme, ses actes, ses désirs, non pas d'après les exigences extérieures du monde, mais d'après les exigences de l'élément divin que nous sentons en nous.
Une telle prière est un secours: elle fortifie et élève l'âme, elle confesse et vérifie les actions passées, elle indique la conduite future.
KANT.
MATTH., VI, 5-6.
Luc, XX, 46-47.
MORISSON DAVIDSON.
L'exécution eut lieu derrière les portes de la villes, entre deux jardins. En arrivant sur place, Huss se mit à genoux et commença à prier. Lorsque le bourreau lui ordonna de monter sur le bûcher, il se leva et dit très haut:
«Jésus-Christ. Je vais à la mort pour avoir prêché Ta parole, je souffrirai docilement.»
Les bourreaux, déshabillèrent Huss et lui attachèrent les mains derrière le dos au poteau; ses pieds se trouvaient sur un banc. On mit du bois et de la paille autour de lui. Le bois et la paille lui venaient jusqu'au menton. Le chef impérial s'approcha alors de Huss et lui annonça qu'il serait pardonné s'il se rétractait.
«Non, dit Huss, je ne me connais aucune faute.»
Les bourreaux allumèrent alors le bûcher, et Huss se mit à chanter la prière: «Jésus, Fils du Dieu vivant, aie pitié de moi.»
Le feu monta, très haut, et bientôt Huss se tut.
C'est ainsi que les gens qui se qualifiaient de chrétiens, défendaient leur croyance.
N'est-il pas évident que ce n'était pas une religion, mais la superstition la plus grossière?
PASCAL.
C'est ainsi qu'enseignait le Christ. Et il enseignait ainsi parce qu'il savait que, de même qu'en son temps il y avait des gens qui prêchaient une fausse loi de Dieu, il y en aurait aussi dans l'avenir. Il le savait et disait qu'il ne fallait pas écouter ceux qui s'intitulaient maîtres parce que leur enseignement obscurcit la doctrine simple et claire qui est révélée à tous et qui vit dans le cœur de chaque homme.
Cette doctrine consiste à aimer Dieu, comme le suprême bien et la suprême vérité, à aimer son prochain comme soi-même et à faire aux autres ce qu'on veut qu'ils vous fassent.
MATT., V. 23.
Pour comprendre le vrai christianisme, il faut tout d'abord renoncer au faux christianisme.
D'après SKOWORODA.
notre raison. Eh bien, sommes-nous devenus meilleurs ou plus sages? Connaissons-nous mieux la voie et le but de notre vie? Connaissons nous mieux nos obligations et surtout le bien de la vie? Ou qu'avons-nous acquis par ces vaines connaissances, sinon l'inimitié, la haine, l'ignorance et les doutes? Chaque doctrine et chaque secte religieuse prouve qu'elle a trouvé la vérité. Chaque écrivain sait seul en quoi consiste notre bonheur. L'un nous prouve qu'il n'y a pas de corps, l'autre qu'il n'y a pas d'âme, le troisième qu'il n'y a aucune connexion entre l'âme et le corps, le quatrième que l'homme est un animal, le cinquième que Dieu n'est qu'un miroir.
ROUSSEAU.
KANT.
«Les corps complexes sont composés d'éléments et les éléments sont indécomposables.» Quelle présomption!
PASCAL.
PASCAL.
SCHOPENHAUER.
ce que les sophistes appelaient nature et de remonter jusqu'aux causes premières dont sont sortis les corps célestes. Est-ce possible, disait-il, que les gens croient avoir pénétré tout ce qu'il importe à l'homme de savoir, s'ils s'occupent de ce qui se rapporte si peu à l'homme?
Il s'étonnait surtout de l'aveuglement des faux savants qui ne se doutent pas de ce que la raison humaine est incapable de pénétrer ces mystères. C'est pourquoi, disait-il, ceux qui s'imaginent savoir en parler ne sont pas d'accord dans leurs principes même, et lorsqu'on les entend parler ensemble on se croirait parmi des fous. De fait, quels sont les signes particuliers de ceux qui sont pris de folie? ils craignent ce qui n'a rien d'effrayant et n'ont pas peur de ce qui est réellement dangereux.
XÉNOPHON.
SÉNÈQUE.
JOHN RUSKIN.
KANT.
persuadera qu'en réalité, les savants ne savent absolument rien de plus que les simples ignorants. Mais il y a de ces demi-savants qui ont acquis quelques éléments de diverses sciences et qui s'en montrent très fiers. Ils se sont éloignés de l'ignorance naturelle, mais n'ont pas eu le temps d'arriver à la vraie sagesse des savants, qui ont compris l'imperfection et l'insignifiance de toutes les connaissances humaines. Ce sont ces gens qui, se croyant de fortes têtes, troublent le monde. Ils jugent de tout avec assurance et promptitude et, naturellement, ils se trompent constamment. Ils savent jeter de la poudre aux yeux et jouissent souvent du respect des hommes, mais les masses populaires les méprisent, voyant bien leur inutilité; quant à eux, ils méprisent le peuple, le croyant ignorant.