LEsprit a dit que Paw allait certainement mourir bientôt car il nexiste aucun remède contre des reins et un foie qui ont arrêté de fonctionner
Jen suis navrée, Din. Tu sais que jestime énormément ton père Écoute ; jai, en dehors de la possession, quelques autres cartes dans mes manches, acquises au fil des années. Voyons Oui, la pierre Tu vois, là où ton père a craché ? Pas de marque ! Cela veut dire quil ny a pas de minéraux dans sa salive. Pas de minéraux, pas de vitamines, rien. Que de leau. Et la mousse »
Elle renifla à nouveau cette dernière, dabord de loin, puis en la plaçant plus près de son nez.
« Pareil ! Sens ça ! »
Elle la tendit à Din afin quelle la reniflât aussi, mais cette dernière navait pas vraiment envie de sentir lurine de son père.
« Allez, elle ne va pas te mordre ! » lexhorta Da.
Din finit par obtempérer.
« Rien du tout. Ça sent juste la mousse.
Précisément ! Lurine masculine finit par sentir comme celle des chats si tu lemballes de la sorte, mais celle de ton père non. Elle ne contient donc pas de substance pouvant pourrir. On peut encore une fois en conclure que le sang de ton père nest que de leau. Lorsque ton sang nest que de leau, tu ne peux pas survivre longtemps. Cest logique, non ? Le sang transporte tout ce quil y a de bon dans le corps entier, mais ton père nen a plus, et cest pour ça quil est en permanence aussi faible ! Rentre à la maison. Vérifie sil est déjà trop tard ou non et, sil est encore parmi nous, reviens me chercher avec votre scooter. Dépêche-toi, allez ! »
Din se précipita dehors et en direction de la maison familiale.
Tandis que sa petite-nièce allait vérifier létat de son père, Da commença déjà à se préparer à partir, car elle savait dans son cœur que son Heng nétait pas encore mort ; du moins pas entièrement. Elle sélectionna quelques herbes quelle plaça dans un sac, saspergea le visage avec de leau, attacha ses cheveux au moyen dun foulard pour se prémunir contre le vent lors du trajet en motocyclette, puis elle sortit attendre que Din revînt.
Quelques minutes plus tard, celle-ci fut de retour dans un nuage de poussière.
« Vite, Tantine. Maman a dit de se dépêcher car il est sur le point de mourir. »
Da grimpa sur le véhicule en amazone, comme une dame se devait de le faire, et elles se mirent en route, les longs cheveux de Din fouettant douloureusement son vieux visage malgré ses tentatives desquive. Dès quelles arrivèrent, la Chamane sauta prestement du véhicule. Elle était peut-être vieille, mais toujours agile. Elle fut rapidement conduite dans la demeure.
« Merci dêtre venue si vite, Tante Da. Il est dans la chambre.
Oui, je me doute quil nest pas en train de tenir compagnie à ses chèvres ! »
Elle souleva la moustiquaire et sassit près de la tête de son neveu, sur le sol de bois. Elle inspecta dabord sa peau, puis ses cheveux, ses lèvres, et ouvrit pour finir ses yeux et y plongea son regard.
« Mmm, je vois Montrez-moi ses pieds ! »
Wan se dépêcha de découvrir les pieds de son époux, et Da se pencha sur ces derniers et les serra dans ses mains en les observant de près.
« Mmm. Je nai jamais vu un cas aussi sérieux dabsence de substance dans le sang. Est-ce que jai la permission de dire à tes enfants quoi faire pendant un moment ? Parfait. Je serai bientôt de retour. Relève la tête de ton mari avec quelques coussins. Je vais dire à Din de taider pendant que Den maidera moi.
Oui, chère Tante, bien sûr. Tout pour aider mon cher Heng.
Bien. Voyons ce quon peut faire, daccord ? »
Sur ces mots, elle se remit debout et se rendit au rez-de-chaussée.
« Din, va aider ta mère. Den, tu viens avec moi. Nous devons agir rapidement et avec précision.
Din disparut en un battement de cils et Den senquit de ce quil pouvait faire.
Va me trouver votre coq le plus robuste ! Vite, mon garçon ! »
Lorsquil revint avec la volaille sous le bras, Da la lui prit.
Maintenant, attache votre bouc le plus costaud à un poteau, si serré quil ne pourra absolument pas bouger peu importe sil est debout ou assis. »
Alors que Den repartait, Da monta sur le bord de la table, égorgea le coq, lexsanguina au-dessus dun bol, puis jeta son corps sans vie dans une corbeille à légumes posée là avant dà nouveau se rendre à létage.
« Din, dit-elle en arrivant dans la chambre. Est-ce que vous avez du lait de chèvre ou dune quelconque sorte au réfrigérateur ? Si non, prends une cruche et va sil te plaît en chercher du frais, ma fille. »
Elle neut pas besoin de lui dire de se dépêcher ; elle était déjà partie.
« Bien. Wan, est-il réveillé ?
Pas vraiment, chère Tante. À moitié.
Daccord. Pince son nez pendant que je lui fais avaler ce sang. »
Elle serra sa mâchoire fermée avec son pouce et son majeur afin de louvrir, pencha sa tête vers larrière, et déversa quelques gorgées du sang de poulet dans sa bouche. À la manière dont il toussota comme une voiture à essence dans laquelle on aurait versé du gasoil, Da supposa quenviron la moitié en était descendue par la bonne voie.
Heng ouvrit légèrement les yeux.
« Quest-ce que vous me faites, bande de sorcières ? murmura-t-il. Cest horrible !