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Nous ne savons pas le temps que cela prendra mais,certainement, pas moins dune semaine, tenta de dire le médecindans la même langue.
Une semaine ?!, se fâcha lhomme.
La laisser sortir plus tôt serait risqué. Il faut du temps pourque la micro-fracture au crâne cicatrise et lhémorragie nest pasencore totalement résorbée. Vu les circonstances, lhospitalisationne peut être inférieure à deux semaines.
Je ne veux pas rester ici !, dis-je, me mêlant de laconversation, serrant contre moi cette main que je ne voulais plusquitter.
Tu parles également russe Comment se fait-il que la chose neme surprenne pas ?, siffla nerveusement lhomme, et il madressaun regard si tranchant que jen eus le souffle coupé.
Tirant dun coup sec, il dégagea sa main de mon étreinte.
Non, soufflai-je faiblement, comme sil ny avait plusdair dans mes poumons.
Gardez-la aussi longtemps que vous voulez, mais je veux quecette mascarade finisse, gronda lhomme et, se levant de mon lit,il se dirigea vers la porte. Quant à toi, Kendra, tu as jusquàdemain pour recouvrer la mémoire. Il y a belle lurette que larécréation est terminée.
Aleksej, murmurai-je, angoissée à nouveau. Mais il sen alla,me laissant livrée à moi-même et à ces médecins qui mauscultèrentimmédiatement et me noyèrent de questions.
Je meffrayai parce que, au fil des questions quils meposaient, la conscience davoir un gros trou noir dans le cerveause faisait jour.
La question qui me tourmentait était mon identité : qui suis-je?
Aleksej était la dernière chose dont javais conservé unsouvenir.
Il était lunique point dappui pour méviter de retomber danslangoisse.
Je me demandai qui jétais et je me rappelai quil mavaitappelée Kendra, mais ce nom ne me disait rien.
Je demandai plusieurs fois des nouvelles dAleksej auxinfirmières, mais elles donnaient limpression de ne pasmécouter.
Je sentis la panique monter en moi mais, avant que je puisseréagir et courir vers la seule personne dont je me souvenais, lemédecin me fit une injection et je mendormis peu après.
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KENDRAKendra, es-tu prête à te concentrer de nouveau pour visualisertes souvenirs ?, me demanda gentiment la psychologue à laquellesétait adressé le neurologue, faisant suite à deux jours de soinspour juguler mes accès de panique et les crises de nerf qui mefrappaient depuis que je métais rendue compte davoir perdu lamémoire.
Malheureusement, malgré la psychologue, mon état ne samélioraitguère.
À chaque fois que je fermais les yeux, je revivais la même scène: moi, en train de tomber dans les escaliers tandis que jessayaisde saisir la main dAleksej.
La doctoresse mavait expliqué quil ne sagissait pas dunehallucination mais dun retour sur ce qui métait arrivé, lescirconstances qui mavaient conduites à lhôpital, grièvementblessée, avec en particulier une fracture de la boîte crânienne,une cheville déboîtée, une fissure du ménisque, une lésion au brasdroit, un bleu au visage et une vilaine blessure à la poitrine dontjignorais encore la cause.
Pour les médecins jétais une miraculée car, suite à cettechute, jaurais pu y passer ou bien rester paralysée pour lerestant de mes jours.
Au cours des deux derniers jours, javais subi tout un tasdexamens et, finalement, lhémorragie cérébrale avait disparu, àla satisfaction générale.
Aleksej, toutefois, navait pas reparu et, plus le tempspassait, plus jétais agitée.
Javais demandé de ses nouvelles à plusieurs reprises, siquelquun connaissait le motif de sa colère à mon encontre ; maistous avaient éludé mes questions avec un certain embarras.
Kendra ?, me rappela la psychologue, me ramenant à laréalité.
Je vous lai déjà dit et répété. Je ne me souviens de rien. Jene sais ni mon nom, ni où jhabite, ni comment jai fait pouraboutir ici ; et même si cet homme sappelle Aleksej, en réalité jene me rappelle rien de lui. Tout ce que je sais de lui est quil meconnaît et semble vraiment fâché contre moi Que lui ai-je fait ?Pourquoi me connaît-il ?
Revenons à toi.
Je nen peux plus de toutes ces questions auxquelles je suisincapable de répondre, éclatai-je en sentant une migraine mesaisir, comme à chaque fois où je me troublais ou mefforçais de mesouvenir.
Jessaie simplement de taider.
Eh bien, si vous voulez maider, appelez Aleksej. Je suis sûrequil sera en mesure de répondre à vos questions et jepourrai
Tu pourras ?
Je marmonnai : Rien, lair embarrassée. Je ne voulais pas luiavouer combien je me sentais seule avec mes peurs et mesquestionnements, dans ce lit dhôpital, seulement entouréedétrangers.
Bien quil me fît peur, Aleksej était le seul souvenir qui merestait. La dernière chose qui me raccrochait à cette miette deraison sans laquelle je sombrerais dans la folie.
Monsieur Vasilyev nest pas disponible pour le moment.
Êtes-vous en train de parler dAleksej ? Ce nom ne me disaitrien.
Oui.
Harassée, je mécriai : Je vous en prie, jai besoin de lui. Jene sais pas ce que jai fait de si grave pour quil me haïsse tant,si seulement je parvenais à me rappeler, et jéclatai ensanglots.
Kendra.
Je voudrais seulement lui parler et obtenir des réponses,dis-je en sanglotant, pendant que mon esprit revenait au derniersouvenir qui me restait, me faisant désirer de rejoindre Aleksejpour me sentir en sécurité.
***ALEKSEJLorsque le nom du neurologue de la clinique apparut sur lécrande mon portable, je fus saisi à linstant dun voiledirritation.
Jespère que vous mapportez des bonnes nouvelles, débutai-jesans préambule.
Ce ne sont pas celles que vous attendiez, mais
Je coupai court, irrité : Alors ça ne mintéresse pas.
Monsieur Vasilyev, je vous en prie, croyez-moi si je vous disquil y a une probabilité réelle que la patiente souffre damnésierétrograde à cause du grave traumatisme crânien qui laffecte. Ilne sagit toutefois que dune lacune mnémonique, exclusivement liéeaux souvenirs, et non aux gestes ou aux comportements. Le langagena également subi aucun dommage et la dame passe du russe àlanglais sans la moindre difficulté. Sans compter que sa mémoirede court terme, ou post-traumatique, est intacte.
Je men fiche ! Je veux savoir ce quelle a fait au cours deshuit derniers mois, memportai-je en tapant du poing sur latable.
Il y des chances que la mémoire lui revienne, bredouilla lemédecin, visiblement mal à laise.
Je nen crois rien. Vous êtes lun des meilleurs neurologuessur place mais vous êtes stupide au point de navoir pas encorecompris que cette histoire damnésie nest quune comédie.
Le médecin me répondit sèchement : Il existe encore pleindinconnues dans mon domaine de compétence. Mais je peux vousassurer quil y a eu une lésion et quelle est encore là. À votreplace, je suggérerais que vous rendiez visite à cette femme.
Si elle ne sest pas déjà échappée, bien entendu.
Séchapper ? Vous ny pensez pas ! Sa chambre est soussurveillance constante, comme vous nous lavez demandé. En outre,létat de santé de la patiente est trop précaire pour quelle soiten mesure de se déplacer seule au-delà de quelques mètres.