Gustave Aimard - Coeur de panthère стр 5.

Книгу можно купить на ЛитРес.
Всего за 5.99 руб. Купить полную версию
Шрифт
Фон

 Cest mon opinion. Connaissez-vous les remarquables paroles prononcées par le baron de Humboldt au moment de sa mort?

 Je ne pourrais vous dire.

 Les voici: le vénérable savant voyait arriver le terme de son existence si belle et si bien remplie. Un jour, par une fente de ses volets passa un rayon de soleil qui vint se jouer sur son lit. Il contempla pendant quelques instants cette gerbe lumineuse, puis il murmura avec une expression de joie: «Oh! que cest beau! Dieu! que cest beau!» Il avait vu pareille chose dix mille fois en sa vie, mais jamais son admiration pieuse ne sétait lassée. Excusez-moi, jeune homme, je me livre à des pensées rustiques et trop naïves pour un homme civilisé comme vous; et joublie de vous demander quel est le but de votre visite: car vous venez du Fort, je suppose?

 Je suis le lieutenant Henry Marshall.

 Ah oui! je me souviens de vous avoir vu passer dans la vallée, il y a une dizaine de jours; mais vous étiez si loin, quaujourdhui je naurais pu vous reconnaître. Où sont vos hommes?

 Ils sont tous morts.

 Que me dites-vous là?

 Oui; nous avons été surpris par une troupe de Sauvages dans la Passe du Sud; moi seul ai pu méchapper pour aller porter cette triste nouvelle au Fort. Une triste nouvelle, sir; en vérité, une triste nouvelle!

Et le jeune officier poussa un soupir en songeant à ses malheureux compagnons darmes.

 A quelle tribu appartenaient les assaillants?

 Je ne sais pas; il me semble que cétaient des Pawnies. Wontum, un de leurs chefs, a juré de me tuer, et denlever ma femme avec mon enfant; pourtant je ne lai pas aperçu parmi les Indiens; mais je suis convaincu quils agissaient daprès ses ordres.

 Non, il a traversé la Vallée derrière Laramie, il y a trois jours.

 Est-il possible? Et, était-il seul? demanda Marshall avec animation.

 Non: ses guerriers étaient avec lui, tous peints en guerre, prêts pour le sang.

 Ils étaient nombreux?

 Au moins trois cents.

 Et peints en guerre? murmura Marshall. Êtes-vous certain que Wontum les conduisit en personne?

 Je ne pourrais en répondre positivement, car ils étaient à grande distance. Mais, soit parce quils étaient peints en guerre, soit pour plusieurs autres raisons, je suis convaincu que cétait la bande de Wontum.

Henry Marshall poussa un profond soupir et devint très-pâle; au bout dun instant le sang monta à son visage, il pressa son front entre ses deux mains. Le vieillard qui lobservait lui dit:

 Pensez-vous que, réellement, ils aient lintention dattaquer le Fort?

 Oui, et je tremble pour les suites; car la garnison est si faible!

 Oh! elle se défendra bien un peu, dans tous les cas; si je ne me trompe, vous craignez bien davantage pour les Settlers que pour les soldats?

 Je ne pourrais dire si jai plus de sollicitude pour les uns que pour les autres, mais, à ce moment, jai un poids énorme sur la poitrine; mon absence est peut être un acte de lâcheté qui livre ma femme et mon enfant aux chances des plus terribles dangers.

 Ne sont-ils pas en sûreté dans le Fort?

 Oui; du moins, je le suppose. Je nai aucune raison pour les croire en danger, et pourtant je suis oppressé par un pressentiment sombre: sil leur arrivait malheur, je ny survivrais pas.

 Gardez-les bien, jeune homme, ces trésors une fois perdus on ne les retrouve plus! répondit le vieillard dun ton pénétré, pendant quune larme tremblait au bord de sa paupière.

 Certainement, je voudrais les sauvegarder; cest le but unique de mon existence; mais il faut que je sois partout à la fois. Si je me suis arrêté ici jusquà présent, cétait pour procurer à mon pauvre cheval quelques moments de repos: je ne lignore pas, les moments sont précieux.

 Il y a de grands dangers à courir dici au Fort. La vallée est pleine de coquins altérés de sang.

 Il faut que je marche, quand même: les sentiers fussent-ils hérissés de serpents à sonnettes, il faut que je leur passe sur le corps.

 Cest noblement parler, mon jeune ami, je vous félicite de votre courage: mais vous ne partirez pas seul; cest impossible.

 Qui voudrait venir avec moi? qui voudrait partager de tels périls?

 Moi.

 Eh quoi! vous laisseriez pour moi, votre solitude si paisible, si sûre?

 Je ne suis pas aussi solitaire que vous le croyez; je consacre une bonne portion de mon temps à secourir les malheureux voyageurs. Encore une fois, vous ne pouvez pas traverser la vallée; je serai votre guide dans la montagne, la seule voie qui reste praticable.

 Et je vous tiendrai compagnie, aussi sûr que mon nom est Jack Oakley; dit dune voix hardie un nouvel arrivant.

Le vieil ermite lui tendit la main en signe de bienvenue, et lui demanda:

 Nous apportez-vous quelque nouvelle dimportance?

 Oui, quelque chose dimportant pour moi surtout.

 Quest-ce que cest?

 Oh! toujours la bonne chance à lenvers. Jai amené ici Molly, le baby et la vieille femme. Çà me ferait bien plaisir de pouvoir les laisser ici.

 Il faut que les choses aillent bien mal pour que vous soyez obligé de chercher ici un refuge pour votre famille. En tout cas, elle est la bienvenue comme toujours.

 Merci! je savais bien que nous trouverions bon accueil. Les pauvres enfants seront en sûreté ici; au moins les Legyos noseront pas venir les relancer ici, jusque dans la maison du Vieux Nick.

Sur un signal dOakley deux femmes et un bébé firent leur apparition dans la cabane et furent paternellement reçus par le vieillard.

 Enfin; quelles nouvelles? demanda de nouveau ce dernier.

 Rien; répondit Oakley, si ce nest quenviron deux cents canailles rouges ont descendu la Platte et rôdent par là bas dans tous les environs. Je pense donc que notre meilleure route sera de filer dans les montagnes en suivant le cours du Laramie; ce sera le plus sûr, et si nous faisons quelque rencontre sur les collines, ce ne seront que des coquins isolés.

Les préparatifs furent bientôt faits; la petite caravane se mit en route dans la direction du Fort.

CHAPITRE III. LEMBUSCADE DU TIGRE ROUGE

Les Sauvages avaient reçu un châtiment sévère sous les murs du Fort. Mais peu à peu limpression sen était effacée, et trois années sétaient à peine écoulées depuis le mariage de Marshall avec Manonie que les Pawnies avaient recommencé leurs déprédations.

Le plus souvent, leurs méchancetés étaient lœuvre indirecte de Wontum, qui, à sa haine invétérée contre les Blancs joignait une exécration toute particulière contre lhomme qui lui avait ravi les bonnes grâces de Cœur-de-Panthère.

Dans le but de se venger, il avait concentré toute son intelligence à méditer des plans diaboliques et on pouvait dire à coup sûr quil ne faisait pas un mouvement, ne se livrait pas à une pensée qui neût pour but quelque atrocité contre son ennemi.

LIndien, revenu à son caractère natif, est ainsi: fidèle à lamitié, plus fidèle encore à la haine; persévérant jusquà la mort dans ses farouches projets de vengeance; indomptable, impitoyable; plus sanguinaire que le Loup, plus féroce que le Tigre; se faisant une gloire, un triomphe suprême darriver à ses fins, dût-il payer le triomphe de sa vie.

Les difficultés que Wontum avait rencontrées dans laccomplissement de ses fureurs, au lieu de le décourager, avaient augmenté son exaltation; il avait tourné tous ses efforts vers une entreprise désespérée, et qui, à son avis, devait frapper Marshall au cœur: il sagissait de lui enlever son jeune enfant.

Ваша оценка очень важна

0
Шрифт
Фон

Помогите Вашим друзьям узнать о библиотеке

Скачать книгу

Если нет возможности читать онлайн, скачайте книгу файлом для электронной книжки и читайте офлайн.

fb2.zip txt txt.zip rtf.zip a4.pdf a6.pdf mobi.prc epub ios.epub fb3

Похожие книги

Популярные книги автора