La voix qui nous dit que nous sommes immortels est la voix de Dieu qui vit en nous.
D'après PASCAL.
KANT.
Quelle valeur tout cela aura pour nous quand notre vue se brouillera et que nos oreilles deviendront sourdes? Nous serons calmes à celte heure, seulement alors que nous aurons veillé constamment au don de la vie spirituelle qui nous avait été confié, quand nous l'aurons développé jusqu'au point où la destruction du corps cesse d'être effrayante.
HENRY GEORGE.
«Tout sur la terre a une limite, et les plus puissants et les plus heureux tombent, dans leur grandeur et dans leur joie, en poussière. Toute la terre n'est qu'une grande tombe, et il n'y a rien à sa surface qui ne soit caché dans la tombe sous terre. Les eaux, les fleuves et
les torrents s'élancent vers leur destination et ne reviennent plus à leur source heureuse. Tous se hâtent pour s'ensevelir dans les profondeurs de l'océan infini. Ce qui était hier n'est plus aujourd'hui; et ce qui est aujourd'hui ne sera plus demain. Le cimetière est plein des dépouilles de ceux qui étaient jadis pleins de vie, qui étaient rois, gouvernaient les peuples, présidaient les assemblées, commandaient les armées, faisaient la conquête de pays nouveaux, exigeaient qu'on s'incline devant eux, étaient gonflés de vanité, de richesse, de pouvoir.
Mais la gloire est passée comme la fumée noire sortant du volcan et n'a rien laissé qu'une mention sur la feuille du chroniqueur.
Les grands, les sages, les braves, les magnifiques, hélas! où sont-ils maintenant? Ils sont tous mêlés à l'argile, et ce qui leur est arrivé nous arrivera; cela arrivera aussi à ceux qui seront après nous.
Mais prenez courage vous tous, chefs célèbres, amis sûrs et sujets fidèles aspirons tous à ce Ciel où tout est éternel et où il n'y a ni putréfaction, ni destruction.
L'obscurité est le berceau du soleil, et les ténèbres de la nuit sont nécessaires pour faire briller les étoiles.»
TETSKOUKO NEZAGOUAL KOPOTL (env. 1460 av. J. C.).
La porte du ciel t'est entr'ouverte juste autant qu'il te le faut. Débarrasse-toi des soucis et des inquiétudes, et dirige ton âme vers le spirituel. Que tes actes soient gouvernés par toi-même, et non par les événements. Ne sois pas de ceux qui agissent en vue de la récompense. Sois attentif, fais ton devoir, ne pense pas aux conséquences, afin qu'il te soit indifférent que l'affaire finisse bien ou mal pour toi.
Bagavad Hita hindoue.
MARC-AURÈLE.
Mais si Dieu existe au-dessus de nous et l'éternité au-devant de nous, tout change. Nous discernons le bien dans le mal, la lumière dans les ténèbres, et l'espoir chasse le désespoir.
Laquelle de ces deux suppositions est la plus probable? Peut-on admettre que des êtres moraux les hommes soient mis dans la nécessité de maudire avec raison l'ordre existant dans le monde, alors qu'ils ont une issue qui résout leur contradiction? Ils doivent maudire le monde et le jour de leur naissance si Dieu et la vie future n'existent pas. Si, au contraire,
l'un et l'autre existent, la vie devient un bonheur par elle-même et le monde un endroit de perfectionnement moral et d'accroissement infini de bonheur et de sainteté.
D'après ERASME.
SAID BEN HAMED.
Accomplis des œuvres d'amour, et il n'y aura pas de mort pour toi.
Et être prêt à mourir, c'est bien vivre.
La mort est toujours suspendue au-dessus de nous, précisément pour que nous soyons toujours prêts à mourir et vivions bien en se préparant à la mort.
MARC-AURÈLE.
comme si tu devais tout de suite dire adieu à la vie, comme si le temps qui t'est accordé était un don inattendu.
MARC-AURÈLE.
C'est nécessaire pour ceux qui restent.
SÉNÈQUE.
CHAPITRE XXIX APRÈS LA MORT
Pourquoi craignons-nous le dernier changement?
Parce que personne ne nous a raconté ce qui lui est arrivé après ce changement. Mais personne ne dira, lorsqu'un homme nous quitte et ne nous écrit plus, qu'il n'existe pas, qu'il est mal là où il est allé, nous dirons simplement que nous n'avons pas de nouvelles de lui. Il en est de même des morts: nous savons qu'ils ne sont plus parmi nous, mais nous n'avons aucune raison
de croire qu'ils n'existent plus, ou qu'ils sont plus malheureux depuis qu'ils nous ont quittés. Si nous ne pouvons savoir ni ce qui arrivera après la mort, ni ce que nous étions avant cette vie, cela prouve uniquement qu'il ne nous est pas donné de le savoir, parce que nous n'avons pas besoin de le savoir. Nous ne savons qu'une chose, c'est que notre vie n'est pas dans les changements du corps, mais en ce qui vit dans ce corps, dans l'âme. Et l'âme ne peut avoir ni commencement ni fin, parce qu'elle seule existe.
«De sorte que ni vous, juges, ni les hommes, en général, ne doivent craindre la mort, me semble-t-il; ils n'ont qu'à se souvenir d'une chose: pour un homme de bien, il n'y a pas de mal ni dans la vie, ni dans la mort.»