Дюма-сын Александр - Les Trois Mousquetaires / Три мушкетера стр 15.

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« Il fait très chaud, dit Athos en tirant son épée à son tour, et cependant je ne saurais ôter mon pourpoint ; car, tout à lheure encore, jai senti que ma blessure saignait, et je craindrais de gêner monsieur en lui montrant du sang quil ne maurait pas tiré lui-même.

 Cest vrai, monsieur, dit dArtagnan, et tiré par un autre ou par moi, je vous assure que je verrai toujours avec bien du regret le sang dun aussi brave gentilhomme ; je me battrai donc en pourpoint comme vous.

 Voyons, voyons, dit Porthos, assez de compliments comme cela, et songez que nous attendons notre tour.

 Parlez pour vous seul, Porthos, quand vous aurez à dire de pareilles incongruités, interrompit Aramis. Quant à moi, je trouve les choses que ces messieurs se disent fort bien dites et tout à fait dignes de deux gentilshommes.

 Quand vous voudrez, monsieur, dit Athos en se mettant en garde.

 Jattendais vos ordres », dit dArtagnan en croisant le fer.

Mais les deux rapières avaient à peine résonné en se touchant, quune escouade des gardes de Son Éminence, commandée par M. de Jussac, se montra à langle du couvent.

« Les gardes du cardinal ! sécrièrent à la fois Porthos et Aramis. Lépée au fourreau, messieurs ! lépée au fourreau !

Mais il était trop tard. Les deux combattants avaient été vus dans une pose qui ne permettait pas de douter de leurs intentions.

« Holà ! cria Jussac en savançant vers eux et en faisant signe à ses hommes den faire autant, holà ! mousquetaires, on se bat donc ici ? Et les édits, quen faisons-nous ?

 Vous êtes bien généreux, messieurs les gardes, dit Athos plein de rancune, car Jussac était lun des agresseurs de lavant-veille. Si nous vous voyions battre, je vous réponds, moi, que nous nous garderions bien de vous en empêcher. Laissez-nous donc faire, et vous allez avoir du plaisir sans prendre aucune peine.

 Messieurs, dit Jussac, cest avec grand regret que je vous déclare que la chose est impossible. Notre devoir avant tout. Rengainez donc, sil vous plaît, et nous suivez.

 Monsieur, dit Aramis parodiant Jussac, ce serait avec un grand plaisir que nous obéirions à votre gracieuse invitation, si cela dépendait de nous ; mais malheureusement la chose est impossible : M. de Tréville nous la défendu. Passez donc votre chemin, cest ce que vous avez de mieux à faire. »

Cette raillerie exaspéra Jussac.

« Nous vous chargerons donc, dit-il, si vous désobéissez.

 Ils sont cinq, dit Athos à demi-voix, et nous ne sommes que trois ; nous serons encore battus, et il nous faudra mourir ici, car je le déclare, je ne reparais pas vaincu devant le capitaine. »

Alors Porthos et Aramis se rapprochèrent à linstant les uns des autres, pendant que Jussac alignait ses soldats.

Ce seul moment suffit à dArtagnan pour prendre son parti : cétait là un de ces événements qui décident de la vie dun homme, cétait un choix à faire entre le roi et le cardinal ; ce choix fait, il allait y persévérer. Se battre, cest-à-dire désobéir à la loi, cest-à-dire risquer sa tête, cest-à-dire se faire dun seul coup lennemi dun ministre plus puissant que le roi lui-même : voilà ce quentrevit le jeune homme, et, disons-le à sa louange, il nhésita point une seconde. Se tournant donc vers Athos et ses amis :

« Messieurs, dit-il, je reprendrai, sil vous plaît, quelque chose à vos paroles. Vous avez dit que vous nétiez que trois, mais il me semble, à moi, que nous sommes quatre.

 Mais vous nêtes pas des nôtres, dit Porthos.

 Cest vrai, répondit dArtagnan ; je nai pas lhabit, mais jai lâme. Mon coeur est mousquetaire, je le sens bien, monsieur, et cela mentraîne.

 Écartez-vous, jeune homme, cria Jussac, qui sans doute à ses gestes et à lexpression de son visage avait deviné le dessein de dArtagnan. Vous pouvez vous retirer, nous y consentons. Sauvez votre peau ; allez vite. »

DArtagnan ne bougea point.

« Décidément vous êtes un joli garçon, dit Athos en serrant la main du jeune homme.

 Allons ! allons ! prenons un parti, reprit Jussac.

 Voyons, dirent Porthos et Aramis, faisons quelque chose.

 Monsieur est plein de générosité », dit Athos.

Mais tous trois pensaient à la jeunesse de dArtagnan et redoutaient son inexpérience.

« Nous ne serons que trois, dont un blessé, plus un enfant, reprit Athos, et lon nen dira pas moins que nous étions quatre hommes.

 Oui, mais reculer ! dit Porthos.

 Cest difficile », reprit Athos.

DArtagnan comprit leur irrésolution.

« Messieurs, essayez-moi toujours, dit-il, et je vous jure sur lhonneur que je ne veux pas men aller dici si nous sommes vaincus.

 Comment vous appelle-t-on, mon brave ? dit Athos.

 DArtagnan, monsieur.

 Eh bien, Athos, Porthos, Aramis et dArtagnan, en avant ! cria Athos.

 Eh bien, voyons, messieurs, vous décidez-vous à vous décider ? cria pour la troisième fois Jussac.

 Cest fait, messieurs, dit Athos.

 Et quel parti prenez-vous ? demanda Jussac.

Nous allons avoir lhonneur de vous charger, répondit Aramis en levant son chapeau dune main et tirant son épée de lautre.

 Ah ! vous résistez ! sécria Jussac.

 Sangdieu ! cela vous étonne ? »

Et les neuf combattants se précipitèrent les uns sur les autres avec une furie qui nexcluait pas une certaine méthode.

Athos prit un certain Cahusac, favori du cardinal ; Porthos eut Biscarat, et Aramis se vit en face de deux adversaires.

Quant à dArtagnan, il se trouva lancé contre Jussac lui-même.

Le coeur du jeune Gascon battait à lui briser la poitrine, non pas de peur, Dieu merci ! il nen avait pas lombre, mais démulation ; il se battait comme un tigre en fureur, tournant dix fois autour de son adversaire, changeant vingt fois ses gardes et son terrain. Jussac était, comme on le disait alors, friand de la lame, et avait fort pratiqué ; cependant il avait toutes les peines du monde à se défendre contre un adversaire qui, agile et bondissant, sécartait à tout moment des règles reçues, attaquant de tous côtés à la fois, et tout cela en parant en homme qui a le plus grand respect pour son épiderme.

Enfin cette lutte finit par faire perdre patience à Jussac. Furieux dêtre tenu en échec par celui quil avait regardé comme un enfant, il séchauffa et commença à faire des fautes. DArtagnan, qui, à défaut de la pratique, avait une profonde théorie, redoubla dagilité. Jussac, voulant en finir, porta un coup terrible à son adversaire en se fendant à fond ; mais celui-ci para prime, et tandis que Jussac se relevait, se glissant comme un serpent sous son fer, il lui passa son épée au travers du corps. Jussac tomba comme une masse.

DArtagnan jeta alors un coup doeil inquiet et rapide sur le champ de bataille.

Aramis avait déjà tué un de ses adversaires ; mais lautre le pressait vivement. Cependant Aramis était en bonne situation et pouvait encore se défendre.

Biscarat et Porthos venaient de faire coup fourré : Porthos avait reçu un coup dépée au travers du bras, et Biscarat au travers de la cuisse. Mais comme ni lune ni lautre des deux blessures nétait grave, ils ne sen escrimaient quavec plus dacharnement.

Athos, blessé de nouveau par Cahusac, pâlissait à vue doeil, mais il ne reculait pas dune semelle : il avait seulement changé son épée de main, et se battait de la main gauche.

DArtagnan, selon les lois du duel de cette époque, pouvait secourir quelquun ; pendant quil cherchait du regard celui de ses compagnons qui avait besoin de son aide, il surprit un coup doeil dAthos. Ce coup doeil était dune éloquence sublime. Athos serait mort plutôt que dappeler au secours ; mais il pouvait regarder, et du regard demander un appui. DArtagnan le devina, fit un bond terrible et tomba sur le flanc de Cahusac en criant :

« À moi, monsieur le garde, je vous tue ! »

Cahusac se retourna ; il était temps. Athos, que son extrême courage soutenait seul, tomba sur un genou.

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