Дюма-сын Александр - Les Trois Mousquetaires / Три мушкетера стр 17.

Книгу можно купить на ЛитРес.
Всего за 630 руб. Купить полную версию
Шрифт
Фон

 Oui, Tréville, oui, dit le roi mélancoliquement, et cest bien triste, croyez-moi, de voir ainsi deux partis en France, deux têtes à la royauté ; mais tout cela finira, Tréville, tout cela finira. Vous dites donc que les gardes ont cherché querelle aux mousquetaires ?

 Je dis quil est probable que les choses se sont passées ainsi, mais je nen jure pas, Sire. Vous savez combien la vérité est difficile à connaître, et à moins dêtre doué de cet instinct admirable qui a fait nommer Louis XIII le Juste

 Et vous avez raison, Tréville ; mais ils nétaient pas seuls, vos mousquetaires, il y avait avec eux un enfant ?

 Oui, Sire, et un homme blessé, de sorte que trois mousquetaires du roi, dont un blessé, et un enfant, non seulement ont tenu tête à cinq des plus terribles gardes de M. le cardinal, mais encore en ont porté quatre à terre.

 Mais cest une victoire, cela ! sécria le roi tout rayonnant ; une victoire complète !

 Oui, Sire, aussi complète que celle du pont de Cé.

 Quatre hommes, dont un blessé, et un enfant, dites-vous ?

 Un jeune homme à peine ; lequel sest même si parfaitement conduit en cette occasion, que je prendrai la liberté de le recommander à Votre Majesté.

 Comment sappelle-t-il ?

 DArtagnan, Sire. Cest le fils dun de mes plus anciens amis ; le fils dun homme qui a fait avec le roi votre père, de glorieuse mémoire, la guerre de partisan.

 Et vous dites quil sest bien conduit, ce jeune homme ? Racontez-moi cela, Tréville ; vous savez que jaime les récits de guerre et de combat. »

Et le roi Louis XIII releva fièrement sa moustache en se posant sur la hanche.

« Sire, reprit Tréville, comme je vous lai dit M. dArtagnan est presque un enfant, et comme il na pas lhonneur dêtre mousquetaire, il était en habit bourgeois ; les gardes de M. le cardinal, reconnaissant sa grande jeunesse et, de plus, quil était étranger au corps, linvitèrent donc à se retirer avant quils attaquassent.

 Alors, vous voyez bien, Tréville, interrompit le roi, que ce sont eux qui ont attaqué.

 Cest juste, Sire : ainsi, plus de doute ; ils le sommèrent donc de se retirer ; mais il répondit quil était mousquetaire de coeur et tout à Sa Majesté, quainsi donc il resterait avec messieurs les mousquetaires.

 Brave jeune homme ! murmura le roi.

 En effet, il demeura avec eux ; et Votre Majesté a là un si ferme champion, que ce fut lui qui donna à Jussac ce terrible coup dépée qui met si fort en colère M. le cardinal.

 Cest lui qui a blessé Jussac ? sécria le roi ; lui, un enfant ! Ceci, Tréville, cest impossible.

 Cest comme jai lhonneur de le dire à Votre Majesté.

 Jussac, une des premières lames du royaume !

 Eh bien, Sire ! il a trouvé son maître.

 Je veux voir ce jeune homme, Tréville, je veux le voir, et si lon peut faire quelque chose, eh bien, nous nous en occuperons.

 Quand Votre Majesté daignera-t-elle le recevoir ?

 Demain à midi, Tréville.

 Lamènerai-je seul ?

 Non, amenez-les-moi tous les quatre ensemble. Je veux les remercier tous à la fois ; les hommes dévoués sont rares, Tréville, et il faut récompenser le dévouement.

 À midi, Sire, nous serons au Louvre.

 Ah ! par le petit escalier, Tréville, par le petit escalier. Il est inutile que le cardinal sache

 Oui, Sire.

 Vous comprenez, Tréville, un édit est toujours un édit ; il est défendu de se battre, au bout du compte.

 Mais cette rencontre, Sire, sort tout à fait des conditions ordinaires dun duel : cest une rixe, et la preuve, cest quils étaient cinq gardes du cardinal contre mes trois mousquetaires et M. dArtagnan.

 Cest juste, dit le roi ; mais nimporte, Tréville, venez toujours par le petit escalier. »

Tréville sourit. Mais comme cétait déjà beaucoup pour lui davoir obtenu de cet enfant quil se révoltât contre son maître, il salua respectueusement le roi, et avec son agrément prit congé de lui.

Dès le soir même, les trois mousquetaires furent prévenus de lhonneur qui leur était accordé. Comme ils connaissaient depuis longtemps le roi, ils nen furent pas trop échauffés : mais dArtagnan, avec son imagination gasconne, y vit sa fortune à venir, et passa la nuit à faire des rêves dor. Aussi, dès huit heures du matin, était-il chez Athos.

DArtagnan trouva le mousquetaire tout habillé et prêt à sortir. Comme on navait rendez-vous chez le roi quà midi, il avait formé le projet, avec Porthos et Aramis, daller faire une partie de paume dans un tripot situé tout près des écuries du Luxembourg. Athos invita dArtagnan à les suivre, et malgré son ignorance de ce jeu, auquel il navait jamais joué, celui-ci accepta, ne sachant que faire de son temps, depuis neuf heures du matin quil était à peine jusquà midi.

Les deux mousquetaires étaient déjà arrivés et pelotaient ensemble. Athos, qui était très fort à tous les exercices du corps, passa avec dArtagnan du côté opposé, et leur fit défi. Mais au premier mouvement quil essaya, quoiquil jouât de la main gauche, il comprit que sa blessure était encore trop récente pour lui permettre un pareil exercice. DArtagnan resta donc seul, et comme il déclara quil était trop maladroit pour soutenir une partie en règle, on continua seulement à senvoyer des balles sans compter le jeu. Mais une de ces balles, lancée par le poignet herculéen de Porthos, passa si près du visage de dArtagnan, quil pensa que si, au lieu de passer à côté, elle eût donné dedans, son audience était probablement perdue, attendu quil lui eût été de toute impossibilité de se présenter chez le roi. Or, comme de cette audience, dans son imagination gasconne, dépendait tout son avenir, il salua poliment Porthos et Aramis, déclarant quil ne reprendrait la partie que lorsquil serait en état de leur tenir tête, et il sen revint prendre place près de la corde et dans la galerie.

Malheureusement pour dArtagnan, parmi les spectateurs se trouvait un garde de Son Éminence, lequel, tout échauffé encore de la défaite de ses compagnons, arrivée la veille seulement, sétait promis de saisir la première occasion de la venger. Il crut donc que cette occasion était venue, et sadressant à son voisin :

« Il nest pas étonnant, dit-il, que ce jeune homme ait eu peur dune balle, cest sans doute un apprenti mousquetaire. »

DArtagnan se retourna comme si un serpent leût mordu, et regarda fixement le garde qui venait de tenir cet insolent propos.

« Pardieu ! reprit celui-ci en frisant insolemment, sa moustache, regardez-moi tant que vous voudrez, mon petit monsieur, jai dit ce que jai dit.

 Et comme ce que vous avez dit est trop clair pour que vos paroles aient besoin dexplication, répondit dArtagnan à voix basse, je vous prierai de me suivre.

 Et quand cela ? demanda le garde avec le même air railleur.

 Tout de suite, sil vous plaît.

 Et vous savez qui je suis, sans doute ?

Moi, je lignore complètement, et je ne men inquiète guère.

 Et vous avez tort, car, si vous saviez mon nom, peut-être seriez-vous moins pressé.

 Comment vous appelez-vous ?

 Bernajoux, pour vous servir.

 Eh bien, monsieur Bernajoux, dit tranquillement dArtagnan, je vais vous attendre sur la porte.

 Allez, monsieur, je vous suis.

 Ne vous pressez pas trop, monsieur, quon ne saperçoive pas que nous sortons ensemble ; vous comprenez que pour ce que nous allons faire, trop de monde nous gênerait.

 Cest bien », répondit le garde, étonné que son nom neût pas produit plus deffet sur le jeune homme.

En effet, le nom de Bernajoux était connu de tout le monde, de dArtagnan seul excepté, peut-être ; car cétait un de ceux qui figuraient le plus souvent dans les rixes journalières que tous les édits du roi et du cardinal navaient pu réprimer.

Porthos et Aramis étaient si occupés de leur partie, et Athos les regardait avec tant dattention, quils ne virent pas même sortir leur jeune compagnon, lequel, ainsi quil lavait dit au garde de Son Éminence, sarrêta sur la porte ; un instant après, celui-ci descendit à son tour. Comme dArtagnan navait pas de temps à perdre, vu laudience du roi qui était fixée à midi, il jeta les yeux autour de lui, et voyant que la rue était déserte :

Ваша оценка очень важна

0
Шрифт
Фон

Помогите Вашим друзьям узнать о библиотеке

Скачать книгу

Если нет возможности читать онлайн, скачайте книгу файлом для электронной книжки и читайте офлайн.

fb2.zip txt txt.zip rtf.zip a4.pdf a6.pdf mobi.prc epub ios.epub fb3

Похожие книги

Популярные книги автора